Au cœur des discussions figure le Programme quinquennal n°2 (PQ2), un plan d'investissement massif soutenu par un consortium de bailleurs de fonds internationaux, dont la Banque mondiale, la BEI et l'Union européenne. Ce financement de 350 milliards FCFA est prioritairement alloué à la réhabilitation de l'axe stratégique Belabo-Ngaoundéré (PRBN) et à l'amélioration des performances du corridor Douala-N'Djamena (PCDN). L'objectif est de consolider la position du Cameroun comme hub logistique incontournable pour les pays enclavés de la sous-région, en garantissant un transit ferroviaire plus rapide et plus fiable.

Au-delà des infrastructures de voie, le gouvernement accentue la pression sur le volet social et opérationnel. Le dossier de l'acquisition de 25 nouvelles voitures voyageuses fait l'objet d'un suivi rigoureux pour prévenir toute rupture de service sur les lignes nationales. Parallèlement, le secteur entre dans une nouvelle ère de gouvernance avec l'alignement de la convention de concession sur la loi de 2023. Cette réforme institutionnelle vise à clarifier les engagements réciproques entre l'État et le concessionnaire Camrail, tout en ouvrant la voie à une gestion plus moderne et transparente du patrimoine ferroviaire.

Dans une optique de développement à long terme, le Ministre Ngallé Bibehe a réaffirmé l'importance capitale des projets d'extension du réseau. Les futures lignes Edéa-Kribi-Campo et Mbalam-Kribi sont jugées « vitales » pour l'économie nationale, car elles pourront relier directement les grands gisements miniers (comme la bauxite de Camalco) au port en eau profonde de Kribi. En clôturant les travaux, le président de la COMIFER a exhorté les administrations et le concessionnaire à accélérer les appels d'offres et à renforcer les équipes techniques, afin que cette deuxième phase du programme quinquennal transforme durablement le paysage des transports au Cameroun.


Ndjomo Carlos