Mines : Le Cameroun va-t-en-guerre contre l'exploitation illégale de l'or
Le Professeur Fuh Calistus Gentry, Ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique par intérim, a réuni les représentants de l’ambassade de Chine et plusieurs opérateurs miniers pour notifier les nouvelles directives de restructuration. Cette rencontre précède une mission de terrain imminente dont l’objectif est sans équivoque : le démantèlement total des installations ne répondant pas aux exigences de mise en conformité dans la région de l'Est.
Un cahier des charges rigoureuses pour les exploitants
Pour poursuivre leurs activités, les sociétés minières doivent désormais se soumettre à une batterie de mesures correctives. Parmi les plus marquantes figure l'obligation de verser une caution de réhabilitation environnementale s'élève à 63 millions de FCFA, soit 3 millions par hectare exploité. Cette garantie financière vise à assurer la restauration des terres après chaque fouille. Par ailleurs, les opérateurs sont tenus de signer un engagement de déclaration de production minimale, calculé au prorata des équipements installés sur site, afin de limiter l'évasion des recettes publiques.
Mutation vers des systèmes à vase clos
Un autre pilier de cette réforme concerne la transition technologique. Le ministère impose aux exploitants de migrer vers un système de lavage à vase clos dans un délai de six mois. Ce dispositif technique est conçu pour réduire l'impact écologique des activités extractives et optimiser la récupération du minéral. De plus, tout nouvel entrant devra préalablement réaliser un sondage technique du site pour justifier la viabilité de son projet. Ces contraintes visent à transformer une activité encore largement informelle en une industrie structurée et transparente.
Un levier pour le développement et la souveraineté économique
La sécurisation du secteur minier dépasse les enjeux locaux de la Région de l'Est. En luttant contre l'exploitation illicite et en imposant une transparence sur les volumes produits, le Cameroun renforce la captation de la rente minière au profit du Trésor public. Cette optimisation des recettes de l'État est fondamentale pour financer les projets d'infrastructure et réduire la dépendance aux financements extérieurs.
Cette dynamique de normalisation s'inscrit dans une tendance continentale où la valorisation des ressources naturelles devient le moteur de l'émergence. En protégeant son écosystème par des précautions de réhabilitation et en exigeant une montée en gamme technique, le pays préserve son capital naturel pour les générations futures. L'assainissement du secteur aurifère garantit ainsi que la richesse du sous-sol profite directement à l'économie nationale, consolidant la résilience et l'autonomie financière indispensables à la croissance durable de l'Afrique.
BCN
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