Le drame élève le bilan provisoire à près de 120 victimes décédées en l'espace de huit mois sur les sites d'orpaillage, après les événements de Konyeme dans la préfecture de la Nana-Mambéré en juin avec 8 morts, et de Bonéwela dans la Mambéré-Kadéï en février soldé par 4 décès. La ruée vers les gisements découle de la hausse de la valeur de l'once d'or sur les marchés internationaux, franchissant la barre des 4 000 dollars, combinée à la décision gouvernementale de revaloriser de 30 % le tarif d'achat officiel de la production locale, désormais fixé à 50 000 FCFA (environ 88 dollars) le gramme.

 Le basculement stratégique observé depuis 2025, marquant la suprématie de l'or sur le diamant en tant que premier poste d'exportation de la République centrafricaine, alimente une forte affluence de travailleurs transfrontaliers sur des terrains géologiquement instables dépourvus de structures de soutènement. Le manque de consolidation technique des galeries souterraines déstabilise les sols meubles lors des phases d'excavation intensive. L'attrait financier exercé par les prix d'achat révisés pousse des milliers d'opérateurs informels vers des zones d'orpaillage non réglementées.

La formalisation urgente des coopératives minières conditionne la sécurisation des conditions de travail et la prévention des glissements de terrain. La mise en place de contrôles techniques rigoureux sur les sites d'extraction garantira la protection des vies humaines tout en sécurisant les recettes fiscales tirées du commerce de l'or.


Asaba