Si ce redressement offre une bouffée d'oxygène aux producteurs, il demeure en deçà des projections ambitieuses formulées par les autorités. Au début de la campagne, les pouvoirs publics avaient fondé leurs prévisions sur une valorisation comprise entre 3 200 et 5 400 FCFA le kilogramme. L'écart entre cette cible institutionnelle et la réalité du terrain souligne la difficulté de stabiliser les revenus ruraux face aux mécanismes de prix imposés par les places boursières internationales.

Cette déconnexion avec les objectifs nationaux s'explique par un retour à l'équilibre de l'offre globale. Selon l'Organisation internationale du cacao (ICCO), l'actuelle saison 2025-2026 devrait se souder par une production excédentaire. Ce cycle de croissance, qui fait suite à trois années de déficit marqué, exerce une pression baissière continue sur les cotations. Dans ce contexte, le marché camerounais, bien qu'en phase de reprise par rapport au café, subit les conséquences de l'abondance des fèves sur les marchés de référence.

La persistance de cet excédent mondial limite les perspectives de remontée spectaculaire des prix à court terme. Pour les analystes, cette situation contraint les producteurs à une vigilance accrue sur la qualité des récoltes afin de capter les meilleures premières possibles. L'enjeu pour le secteur réside désormais dans la capacité des acteurs locaux à naviguer au sein de cette conjoncture moins favorable, tout en maintenant les investissements nécessaires à la pérennité des plantations malgré une rémunération moins attractive que prévue.


BCN