Bien que le segment des actions soit le plus animé en nombre d'opérations  (avec 626 transactions enregistrées sur cinq des six valeurs cotées), c'est le marché obligataire qui demeure le moteur de la valeur. Malgré un volume de transactions plus restreint, le compartiment des titres de créance concentre près de 80 % du flux financier total, soit 1,58 milliard de FCFA. L’activité s’est principalement cristallisée autour des lignes souveraines du Cameroun et du Gabon, ainsi que des titres émis par la BDEAC et Alios. Cette configuration démontre que les investisseurs institutionnels privilégient encore la sécurité et le rendement des actifs obligataires pour stabiliser leurs portefeuilles. L'efficience du marché secondaire devient ici le garant de la confiance retrouvée.

Le dynamisme du marché se reflète également dans la progression de l’indice de référence, le « BVMAC All Share », qui s’établit à 1 147,20 points, soit une appréciation de 25,75 % sur un an. Cette vitalité est soutenue par une implication accrue des sociétés de bourse. Sur les 25 intermédiaires agréés, 18 ont participé activement aux échanges, contre seulement 12 l’an passé. Dans ce classement de performance, SG Capital Cemac conserve son leadership, suivi de près par Larcher Capital et ASCA. Cette montée en puissance des intermédiaires financiers constitue un signal fort pour la profondeur future du marché. La maîtrise des flux par ces acteurs professionnels favorise une meilleure liquidité des titres.

La consolidation de cette trajectoire ascendante repose désormais sur l'élargissement de l'offre. L'introduction annoncée des titres de BGFI Holding, prévue pour le 7 mai prochain, est perçue comme un événement majeur pour la place de Douala. L'arrivée de ce géant bancaire panafricain devrait mécaniquement doper la capitalisation boursière et attirer de nouveaux flux de capitaux. Pour les autorités boursières, l'enjeu consiste à transformer ce rebond conjoncturel en une dynamique structurelle pérenne. Chaque nouvelle introduction fortifie la résilience de la place boursière et offre une vision de long terme pour l'autonomie financière régionale. Chaque placement effectué consolide la solidité du système financier commun.


Ndjomo Carlos