La décision ouvre la voie à l'émission du premier emprunt obligataire en devises étrangères (eurobond) ou à des placements privés globaux. L'initiative s'appuie sur la note de crédit de long terme Ba3 assortie d'une perspective stable, attribuée par l'agence de notation américaine Moody's, qui offre à l'établissement la visibilité requise pour solliciter la haute finance internationale.

Le basculement vers les places financières mondiales marque une rupture avec les mécanismes de mobilisation de l'épargne exclusivement intra-communautaires privilégiés jusqu'à présent. L'établissement basé à Brazzaville s'imposait comme le pivot du compartiment obligataire de la Bourse des valeurs mobilières de l'Afrique centrale (BVMAC) à Douala, à travers la gestion de six lignes de titres. L'impact sur le marché financier unifié s'était matérialisé par le versement de 57 milliards de FCFA d'intérêts aux souscripteurs, représentant 74,5 % de l'enveloppe globale de 76,5 milliards de FCFA distribuée par la bourse régionale. L'insuffisance de la liquidité locale par rapport aux besoins de l'hinterland impose désormais le recours à des syndications de fonds d'envergure transcontinentale auprès de partenaires bilatéraux élargis.

Le déploiement à l'international vise à sécuriser le plan opérationnel Azobé 2023-2027, dont l'enveloppe globale de programmation requiert 1 700 milliards de FCFA pour le financement des infrastructures de transport, de l'agro-industrie et de l'énergie. Les indicateurs d'activité valident la solidité financière de l'institution présidée par Dieudonné Evou Mekou, dont l'encours brut des engagements s'établit à 723,5 milliards de FCFA, répartis entre 32 crédits affectés au secteur public et 55 prêts alloués aux entreprises privées. La rentabilité institutionnelle s'est consolidée à la clôture de l'exercice avec un bénéfice net de 5,2 milliards de FCFA, matérialisant une progression de 48,6 % par rapport aux 3,5 milliards de FCFA comptabilisés au cours de la période précédente.


Ndjomo Carlos