L'indice de pénétration, calculé par le ratio entre les primes brutes souscrites et la richesse nationale, révèle l'hégémonie historique de l'Afrique du Sud et de la Namibie, seules nations du continent à dépasser la moyenne mondiale avec des ratios respectifs de 11,5 % et 7,4 %. Le Maroc complète le podium africain avec un taux de 3,9 %, suivi par le Kenya (2,4 %), la Tunisie (2,34 %), le Sénégal (1,51 %), le Mozambique (1,27 %), la Côte d’Ivoire (1,17 %) et le Burkina Faso (1,16 %). L'accès du Cameroun dans ce peloton de tête témoigne de la résilience du secteur national, en dépit d'un environnement marqué par le poids de l'économie informelle et un niveau d'épargne encore limité.

La cartographie publiée par l'OAA souligne l'asymétrie marquée entre la branche vie et le segment non-vie (IARD). Sur le volet de la protection de personnes et de l'épargne-retraite, l'Afrique du Sud capte plus de 75 % du marché continental, pesant 43,78 milliards de dollars sur un volume global restreint. Bien que le Maroc (3,14 milliards de dollars) et le Kenya (1,82 milliard de dollars) maintiennent des volumes significatifs, l'assurance-vie reste majoritairement cantonnée à une clientèle salariée urbaine, à l'instar de l'Algérie où la branche vie ne représente que 14 % de la souscription globale.

À l'inverse, l'assurance dommages (Incendie, Accidents et Risques Divers) présente une distribution géographique plus équilibrée, portée par la souscription obligatoire des responsabilités civiles et la couverture des grands investissements industriels ou énergétiques. Outre l'Afrique du Sud (13,27 milliards de dollars), des marchés comme le Maroc, le Kenya, l'Égypte, l'Algérie et le Nigeria franchissent tous la barre du milliard de dollars de primes brutes. Sur le marché de la réassurance, le rapport souligne la capacité d'adaptation des acteurs continentaux, qui affichent un rendement des capitaux propres (ROE) supérieur à 10 % sur la décennie 2016-2025.


Ndjomo Carlos