Le renchérissement des combustibles, des engrais et des denrées alimentaires constitue la menace principale pour la stabilité du pouvoir d'achat. L'institution de Bretton Woods souligne que ces chocs externes frappent en priorité les ménages les plus fragiles, dont les revenus sont majoritairement captés par les dépenses énergétiques et de subsistance. Le durcissement des conditions de financement mondiales vient aggraver cette situation, limitant les marges de manœuvre budgétaires des États pour atténuer ces hausses auprès de leurs populations.

La fragilité des prévisions régionales est accentuée par une situation financière intérieure préoccupante. Le poids du service de la dette extérieure s'est considérablement alourdi, absorbant désormais 18 % des recettes publiques contre seulement 9 % en 2017. Cette pression, couplée à une diminution de l'aide publique au développement, a réduit la capacité des gouvernements à investir dans les infrastructures critiques et les secteurs sociaux. Pour les experts de la Banque mondiale, ce surendettement enveloppe toute la velléité de relance efficace face aux crises exogènes.

Pour sortir de cette vulnérabilité, le rapport préconise une mutation en profondeur de l'appareil productif africain. L'accent est mis sur la nécessité de politiques industrielles rigoureuses, orientées vers des segments à forte valeur ajoutée comme la pharmacie ou la transformation des minéraux critiques. L'intégration régionale, via la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), est présentée comme un levier indispensable pour accroître la compétitivité et absorber les millions de jeunes qui intègrent chaque année le marché de l'emploi. Sans ces réformes structurelles, la résilience du continent face aux futurs chocs mondiaux restera précaire.


Bernardo