Lutte contre le trafic
La vigilance des douanes camerounaises vient de porter un coup d’arrêt majeur à un réseau d’exportation illicite de ressources minières stratégiques. Le 21 mars 2026, lors d’une opération de contrôle de routine sur la Route Nationale N°6, les éléments de la Brigade Mobile de Bankim, dans la région de l’Adamaoua, ont intercepté deux camions lourdement chargés de Greisen.
Cette roche, particulièrement riche en cassitérite (avec une teneur estimée à 50 %), était en route vers le marché asiatique au mépris des procédures légales en vigueur.
Le Greisen n'est pas une roche ordinaire. Issue d'une transformation hydrothermale de complexes granitiques, elle constitue une source primaire de métaux critiques tels que l'étain, le tungstène, le molybdène ou encore le niobium. Ces minéraux sont aujourd'hui au cœur des industries de pointe, de l'électronique aux alliages aéronautiques. La saisie de marchandises, en provenance des gisements de Mayo-Darlé, représentait un enjeu financier et industriel de premier plan pour la société minière impliquée, dont la tentative d'exportation visa manifestement à contourner les circuits de régulation nationaux.
Selon le rapport des autorités douanières, le convoi ne disposait d'aucun document de circulation valide. Interrogés au poste de Bankim, les conducteurs ont été incapables de produire la déclaration d'exportation requise, ni le certificat de prise en charge indispensable pour une cargaison de cette envergure future à la Chine. Ce défaut total de transparence confirme une volonté délibérée de soustraire ces ressources à la fiscalité minière et au contrôle souverain de l'État, une pratique que les « gabelous » de l'Adamaoua s'emploient à éradiquer par un maillage territorial renforcé.
Cette saisie spectaculaire s'inscrit dans un contexte de renforcement de la surveillance aux frontières et sur les principaux axes de transit du pays. Pour la Direction Générale des Douanes, l'objectif est double : protéger la valeur ajoutée des ressources naturelles camerounaises et assainir un secteur extractif parfois en proie à l'informalité. En barrant la route à ces flux frauduleux, l'administration réaffirme sa détermination à faire respecter les normes douanières, garantissant ainsi que l'exploitation du sous-sol contribue réellement au Trésor public plutôt qu'à des circuits de contrebande internationaux.
Bernardo
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