Cette vulnérabilité n'est pas une fatalité géographique, elle est le résultat d'un renoncement industriel généralisé. Que la paralysie des circuits logistiques du Golfe suffise à menacer d'asphyxie financière des blocs entiers du continent et à vider les réserves de change des banques centrales est le procès direct de l'économie de la rente. Tant que les politiques publiques préféreront la facilité des taxes d'exportation à la dure discipline de la transformation locale, les  balances de paiements resteront les otages des convulsions géopolitiques mondiales. L'aversion au risque des marchés et le durcissement du crédit international ne font que punir le manque de courage structurel.


Le salut économique ne viendra ni d'une accalmie diplomatique à l'étranger, ni des décisions de l'OPEP. La seule arme souveraine face à l'instabilité du monde réside dans la destruction du modèle extractif hérité de la colonisation. Il est temps de bâtir une sécurité énergétique endogène en imposant le raffinage et la transformation des hydrocarbures sur le sol africain. Financer les  infrastructures et sécuriser les intrants industriels et agricoles sont les conditions non négociables pour immuniser les sociétés contre l'inflation importée et bâtir un marché intérieur digne de ce nom.


Le moment est venu de substituer la logique de la spéculation boursière par celle de la puissance manufacturière locale. L'Afrique ne peut plus se permettre d'être le spectateur passif des crises des autres tout en subissant les contrecoups de leur commerce. En érigeant l'indépendance industrielle en dogme absolu et en cessant de brader les ressources pour réimporter la consommation, le continent posera les bases d'une prospérité réelle. C'est par cette rupture radicale avec l'économie du brut que le  financement du développement des autres  pourra cesser au bénéfice de la prospérité et de l'avenir de l'Afrique.


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Bonne lecture !


EWC, DP