Inflation : Cinq capitales régionales franchissent le seuil critique de la Cemac
L'inflation atteint des niveaux préoccupants dans cinq capitales régionales. Les coûts de la vie augmentent fortement à Bertoua, Ngaoundéré et Bafoussam. Quelles sont les causes de cette inflation galopante ?
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La progression du coût de la vie atteint des niveaux préoccupants à Bertoua (+4,2 %), Ngaoundéré (3,8 %), Bafoussam (3,7 %), Bamenda (3,6 %) et Buea (3,2 %). À Yaoundé, siège des institutions républicaines, l'indicateur s'aligne exactement sur le plafond communautaire de 3 %, démontrant la fragilité de la stabilisation des marchés intérieurs.
La fragmentation interne découle de la configuration asymétrique des réseaux logistiques et des perturbations sécuritaires qui grèvent l'acheminement des produits alimentaires. Les bassins de l'Est et de l'Adamaoua pâtissent des flux migratoires massifs liés aux incursions de bandes armées centrafricaines et tchadiennes, tandis que les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest demeurent pénalisées par l'instabilité sociopolitique. Les coûts de transport élevés et l'irrégularité des circuits d'approvisionnement exacerbent la rareté des denrées de première nécessité. À l'opposé, les métropoles de Garoua, Douala et Ebolowa affichent des progressions plus modérées, s'établissant respectivement à 2,1 %, 2,4 % et 2,6 %, profitant d'une meilleure connectivité marchande.
La ville de Maroua se positionne en marge de la dynamique haussière en s'installant dans une trajectoire déflationniste unique avec un repli des prix de -0,7 %. La métropole de l'Extrême-Nord, pourtant exposée aux exactions de la nébuleuse Boko Haram, tire parti de sa proximité avec le marché nigérian. La dépréciation continue du naira face au Franc CFA favorise les importations de contrebande, réduisant mécaniquement le coût des marchandises pour les consommateurs locaux. Sur le plan macroéconomique global, le Cameroun consolide sa trajectoire de désinflation, le taux national moyen étant redescendu à 2,7 % en mai 2026 contre 3,3 % une année auparavant, confirmant un reflux progressif après les pics historiques enregistrés entre 2021 et 2025.
BCN
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