Industrie
Le géant industriel nigérian Dangote Cement consolide son schéma d’intégration régionale au sein du golfe de Guinée. Selon ses états financiers audités pour l'exercice 2025, le groupe a acheminé 970 100 tonnes de clinker vers ses unités de broyage du Cameroun et du Ghana.
Ce flux d'intrants stratégiques, transporté par une flotte de 34 navires, marque une progression de 6,9 % en un an. À eux seuls, les marchés camerounais et ghanéens ont absorbé près de 70 % des expéditions de clinker en provenance du Nigeria, illustrant la dépendance technique des filiales locales vis-à-vis des gisements de la maison-mère.
Malgré cette fluidité logistique, l'activité commerciale au Cameroun a subi un ralentissement notable au cours de l'année écoulée. Les volumes écoulés par l'usine de Douala sont tombés à 1,2 million de tonnes, contre 1,4 million lors de l'exercice précédent, soit une contraction de 14,1 %. La direction du groupe attribue cette réponse aux incertitudes majeures ayant entouré l'élection présidentielle d'octobre 2025. Les tensions ayant suivi le examen, particulièrement dans la capitale économique où est supportée l'unité de production, ont pesé sur la demande de matériaux de construction et perturbé les circuits de distribution.
Pour 2026, Dangote Cement anticipe un retour à la croissance, porté par la relance de la commande publique et des grands chantiers de l'État. Le groupe identifie plusieurs leviers majeurs, notamment la poursuite des travaux de l'autoroute Douala-Yaoundé et divers projets de ponts à l'échelle nationale. Ces chantiers d'envergure, conjugués aux initiatives de développement régional, devraient stimuler la consommation de ciment à court terme et permettre à la filiale de stabilisateur ses parties de marché face à une concurrence de plus en plus vive dans la zone Cemac.
L'ambition d'Aliko Dangote pour le Cameroun franchit une nouvelle étape avec la signature d'un contrat global d'un milliard de dollars (environ 592,6 milliards FCFA) avec le constructeur chinois Sinoma Engineering. Cet accord vise à renforcer les capacités de production dans sept pays africains. Au Cameroun, deux scénarios stratégiques sont à l'étude : l'extension du site actuel sur les berges du Wouri ou la relance du projet de cimenterie à Nomayos, dans la périphérie de Yaoundé. Ce deuxième site permet au groupe de se rapprocher des grands pôles de consommation de la capitale et de l'hinterland, tout en optimisant ses coûts de transport.
NLEND Flore
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