L'opération, qui porte sur la cession de 5 % à 10 % du capital, introduit une innovation majeure pour séduire les investisseurs : la possibilité de souscrire aux titres en monnaie locale (naira) tout en percevant des dividendes en dollars. Ce montage repose sur la solidité des revenus d'exportation de l'usine, évalués à 6,4 milliards de dollars par an. Avec une capacité de traitement de 650 000 barils par jour, le complexe industriel s'impose comme le plus grand site à train unique au monde, visant une augmentation de sa production d'ici trois ans pour atteindre 1,4 million de barils quotidiens.

En parallèle de son offensive boursière, le groupe renforce ses capacités techniques. Un investissement de 400 millions de dollars a été consenti auprès du constructeur chinois XCMG pour l'acquisition de moteurs lourds. Ce déploiement permettra non seulement d'augmenter la production de carburants, mais aussi de porter celle de polypropylène à 2,4 millions de tonnes par an. L'ambition est également qualitative : la raffinerie adopte les normes Euro VI, s'aligne sur les normes écologiques internationales les plus rigoureuses pour faciliter l'accès de ses produits aux marchés globaux.

Pour piloter cette opération complexe, un consortium composé de Stanbic IBTC Capital, Vetiva et FirstCap a été mandaté. Cette structure tripartite allie expertise locale et portée internationale, ciblant aussi bien les fonds de pension nigérians que les institutionnels étrangers. L'enjeu dépasse le simple cadre de l'entreprise : en réussissant cette cotation synchronisée sur plusieurs lieux africains, le groupe Dangote pourrait accélérer durablement l'unification des marchés de capitaux du continent et renforcer la profondeur financière de la région.


Bernardo