La filière de « l'or rouge » fait face à un déséquilibre chronique. Les évaluations du ministère de l'Agriculture et du Développement rural font état d'un déficit annuel oscillant entre 200 000 et 300 000 tonnes. Cette situation résultant d'une croissance rapide des unités de transformation, dont les besoins en première augmentent plus vite que les capacités des plantations. Pour soutenir l'activité de ces raffineries et savonneries, le gouvernement autorise chaque année des importations massives sous un régime douanier préférentiel, avec un record de 200 000 tonnes atteint récemment.

Malgré la hausse en pourcentage observée en 2025, les quantités d'huile de palme expédiées hors des frontières deviennent de plus en plus marginales. À titre de comparaison, les exportations avaient atteint un pic de 1 687 tonnes en 2023 avant de refluer drastiquement. Ce recul en volume absolu montre que la production nationale est désormais massivement captée par le marché domestique. Les entreprises de transformation locale exercent une pression telle que les surplus disponibles pour le marché mondial s'amenuisent.

La coexistence de ces exportations résiduelles et de recours massifs aux achats étrangers pour combler les vides de production souligne les limites de la régulation actuelle. L'enjeu pour les pouvoirs publics consiste à stimuler la productivité des exploitants afin de réduire la dépendance aux devises extérieures. Pour l'économie camerounaise, stabiliser la balance commerciale de ce secteur est essentiel pour garantir la compétitivité d'un tissu industriel qui demeure l'un des piliers de la stratégie de croissance nationale.


Ndjomo Carlos