Ce rétablissement des équilibres ne résulte pas d'une augmentation providentielle des ressources, mais d'une contraction drastique des engagements de l'administration. Face à une diminution de 12,5 % des recettes globales, la réponse s'est traduite par un encadrement strict des sorties de fonds. Les charges de fonctionnement ont ainsi reflué de plus de 12 %, tandis que l'enveloppe dédiée aux investissements a connu une baisse similaire. Ce choix de la rigueur a permis de compenser le recul de 17,3 % des rentrées pétrolières, directement affecté par la dépréciation du baril, passé sous la barre des 70 dollars.

Malgré le déclin naturel des gisements, des signaux encourageants apparaissent. Les revenus provenant des activités hors hydrocarbures ont progressé, franchissant la barre des 283 milliards de FCFA. Cette diversification naissante, bien que modeste, offre une bouffée d'oxygène à l'administration centrale. La note « BBB » effectuée par l'agence Bloomfield Investment confirme cette phase de redressement progressif, même si la fragilité de la croissance, estimée à +3,4 % en 2024 après une récession sévère, impose de maintenir une vigilance constante sur la gestion de la masse salariale.

L'impact de cet assainissement sur le progrès de l'Afrique est fondamental. En démontrant qu'une nation dépendante des ressources extractives peut ajuster ses dépenses aux réalités du marché mondial, la Guinée équatoriale renforce la crédibilité de la zone CEMAC auprès des partenaires multilatéraux. Cette politique de prudence est le socle indispensable pour attirer de nouveaux flux de capitaux vers les secteurs productifs et sortir du cycle de la dépendance énergétique.

La réussite de ce virage budgétaire témoigne d'une volonté de retrouver la solidité financière affichée par le passé. Pour le continent, l'exemple de Malabo souligne l'importance d'une gouvernance capable d'anticiper les cycles de baisse des matières premières. La pérennité de ces résultats reposera sur la poursuite des réformes structurelles visant à dynamiser le secteur privé. Chaque franc économisé sur le fonctionnement courant rapproche l'économie équato-guinéenne d'une trajectoire de croissance sereine et autonome.


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