Cette dynamique de rupture prend racine dans un bras de fer tarifaire entamé en 2023. La filiale du groupe britannique Victoria Oil & Gas avait alors instauré une hausse unilatérale de 20 % de ses prix, justifiant cette mesure par l'inflation de ses charges d'exploitation. Cette décision a immédiatement provoqué une vive réaction des autorités de régulation. Le ministre du Commerce a rappelé à l'ordre de l'opérateur, soulignant que toute révision des prix du gaz domestique est impérativement soumise à une procédure d'homologation préalable, conformément aux dispositions du Code pétrolier.


L'impasse réglementaire, portée au plus haut niveau de l'État, a poussé les industriels à revoir leurs stratégies d'approvisionnement. Déjà confrontés à l'introduction d'une taxe spéciale sur les produits pétroliers de 70 FCFA par mètre cube et à l'envolée des tarifs d'électricité, les grands consommateurs ont privilégié la sécurisation de leurs coûts. Pour pallier les incertitudes liées aux prix et aux capacités de production de GDC sur les champs de Logbaba, de nombreuses unités de production ont basculé vers des sources d'énergie alternatives.


Cette redistribution des cartes profite désormais aux solutions plus flexibles. Le gasoil et le gaz de pétrole liquéfié (GPL) industriel captent une part croissante de la demande, portées par des opérateurs capables d'offrir une meilleure prévisibilité tarifaire. Pour Gaz du Cameroun, l’enjeu des prochains mois dépasse la simple résolution technique de ses problèmes de maintenance. Il s'agit de restaurer un lien de confiance durable avec un tissu industriel qui a désormais intégré la diversification énergétique comme un levier de résilience face aux chocs de l'offre.


Asaba