L'enjeu de cette bataille réglementaire réside dans la fiabilité des documents comptables produits sur le territoire. Pour l’ONEC, le recours à des prestataires illégaux expose les entreprises à des risques majeurs : manipulation de données, bilans erronés et certification sans valeur juridique. Ces irrégularités induisent en erreur l'administration fiscale et les institutions bancaires, dont les décisions d'accompagnement reposent sur la transparence des chiffres. En agissant hors du cadre légal, ces « cabinets de l'ombre » compromettent la sincérité des bilans, créant ainsi un environnement d'insécurité financière préjudiciable à la croissance globale.

Le constat dressé par les responsables de l’Ordre révèle une situation préoccupante. Alors que l’ONEC, fondé en 2018, encadre 23 cabinets agréés et 46 professionnels inscrits, on dénombrerait plus d’une cinquantaine de structures exerçant sans titre officiel. Ce déséquilibre menace la profession et discrédite le label de l'expertise comptable gabonaise. L'offensive actuelle cherche à restaurer l'exclusivité des compétences pour les membres inscrits au tableau, garantissant ainsi aux investisseurs un accompagnement conforme aux standards internationaux de rigueur et d'éthique.

Cette volonté d’assainissement coïncide avec le rayonnement croissant de l’institution, qui a récemment intégré la Fédération internationale des experts-comptables francophones. Ce renforcement de la crédibilité sur l’échiquier mondial impose une discipline interne stricte. En radiant les contrevenants et en assainissant le marché local, l'ONEC entend aligner la pratique comptable gabonaise sur les meilleures normes de gouvernance. La pérennité du système financier national dépend de cette capacité à transformer chaque bilan en un outil de vérité économique. Chaque action engagée contre l'exercice illégal fortifie la solidité de l'investissement privé au Gabon.


Bernardo