Opérationnel depuis le début du mois d'avril 2026 sur le réseau camerounais et les axes vers le Tchad et la RCA, le GAC centralise désormais la Lettre de voiture obligatoire (LVO). En déployant cet outil sur le corridor transfrontalier, les organisations professionnelles entendent simplifier les procédures administratives et accroître la visibilité des offres de fret. Pour un secteur où la route assure environ 75 % du transport de marchandises, l'adoption d'une plateforme unique devient un impératif de compétitivité pour réduire les délais de transit.


L'ampleur des échanges justifie cette mutation technologique. Le corridor international Sud-Ouest traite mensuellement environ 320 000 tonnes de produits divers, allant du ciment au cacao en passant par les hydrocarbures. Bien que les transactions officielles aient progressé de 10 % pour atteindre 41 milliards de FCFA au troisième trimestre 2025, une part significative du commerce bilatéral échappe encore aux circuits formels. Le GAC, en automatisant l'enregistrement des cargaisons, offre un levier de transparence inédit pour capter plus efficacement la valeur réelle de ces flux.


Afin de garantir une interopérabilité sans faille, les partenaires ont convenu du lancement imminent d'une version anglophone de la plateforme. Cette adaptation est cruciale pour l'appropriation du système par les transporteurs nigérians, dont les exportations vers le Cameroun représentent l'essentiel du volume financier des échanges (40,4 milliards de FCFA). Cette convergence numérique, qui sera scellée par une convention de partenariat formel, pose ainsi les jalons d'un espace logistique plus fluide, capable de soutenir les ambitions de croissance du commerce intra-africain.


BCN