Forêts : Le Cameroun lance l'inventaire de son patrimoine
Le Cameroun lance un inventaire de son patrimoine forestier pour remplacer un cadre de référence obsolète. Cette initiative intègre des technologies de pointe pour mesurer les volumes de bois et la capacité de séquestration de carbone. L'objectif est de lutter contre les circuits d'abattage clandestins et de restaurer la compétitivité du secteur.
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L'initiative vise à remplacer un cadre de référence obsolète qui remontait à la période 2003-2004, époque où le diagnostic initial, appuyé par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), couvrait 22 millions d'hectares (soit 46 % de la superficie nationale) à travers 235 unités d'échantillonnage. L'opération intègre désormais des technologies de pointe pour mesurer non seulement les volumes de bois d'œuvre commercialisables, mais aussi la capacité de séquestration de carbone des massifs forestiers.
La modernisation des instruments de contrôle répond à l'urgence d'assainir un secteur lourdement grevé par les circuits d'abattage clandestins. Une étude thématique sur la transparence financière publiée le 26 mai met en lumière un manque à gagner fiscal annuel évalué à 289 millions de dollars, équivalant à 165 milliards de Francs CFA de pertes directes pour le Trésor public. Pour endiguer la fuite des capitaux, le durcissement du cadre réglementaire opéré en avril 2026 a étendu l'interdiction d'exportation de bois brut, le nombre d'essences prohibées passant de 76 à 91. Le nouveau système d'échantillonnage permettra d'assurer une traçabilité rigoureuse des grumes depuis les chantiers d'abattage jusqu'aux terminaux portuaires, offrant une base légale solide pour sanctionner les exploitants hors-la-loi.
Le reformatage des statistiques forestières s'opère dans une conjoncture économique sectorielle particulièrement dégradée. Le bilan commercial établi par les services financiers de l'État indique que les expéditions de la filière bois ont subi une contraction de près de 17 % au premier semestre de l'exercice 2025, générant une recette globale limitée à 100,3 milliards de Francs CFA. La baisse des performances découle d'un triple choc combinant une baisse de la demande sur les marchés internationaux, des ruptures dans l'outil de production interne et la hausse continue des tarifs logistiques maritimes. Le futur inventaire multi-ressources ambitionne de redéfinir les quotas d'attribution des concessions forestières afin de préserver les écosystèmes fragiles tout en restaurant la compétitivité des transformateurs locaux.
Nlend Flore
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