Foresterie - Agroforesterie : L'Afrique capte moins de 10 % de la valeur mondiale générée par ses ressources
Bien que plus de 100 millions d'hectares de terres africaines soient consacrés aux cultures arboricoles, les économies locales retiennent moins de 10 % des revenus générés sur le marché mondial par leurs propres ressources arboricoles.
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Les statistiques de récolte confirment la prédominance absolue de l'Afrique sur plusieurs filières clés. En effet, la production continentale fournit 96,3 % des noix de karité, 80 à 90 % de la gomme arabique, 70 % des fèves de cacao, 55 % des noix de cajou, ainsi que la quasi-totalité des approvisionnements mondiaux en huiles brutes de baobab et d'argan. Malgré une détention de 16 % des superficies forestières de la planète, le continent génère moins de 2 % de la valeur des exportations mondiales de produits dérivés, pénalisé par le manque d'usines de raffinage, de conditionnement et de certification.
La dépendance économique s'avère critique pour 11 pays au sud du Sahara : le cacao représente ainsi 20 % des exportations globales et 50 % des ventes agricoles de la Côte d'Ivoire, du Ghana et de São Tomé-et-Príncipe, tandis que le café soutient dans des proportions identiques le commerce extérieur du Burundi, de l'Éthiopie, du Rwanda et de l'Ouganda. Au Cameroun, au Libéria, en Sierra Leone et en Tanzanie, l'activité repose sur un panier regroupant le bois, le cacao, le caoutchouc et l'huile de palme. Les pertes post-récolte aggravent ce bilan, atteignant jusqu'à 44 % sur les fruits périssables en raison du déficit d'infrastructures de stockage. Enfin, le potentiel médical de 5 400 espèces végétales répertoriées offrant 16 000 applications thérapeutiques à l'instar du Prunus africana utilisé en pharmacologie demeure sous-exploité sur un continent où seuls 3 États (l'Afrique du Sud, la Namibie et l'Éthiopie) disposent d'une politique nationale dédiée à la bioéconomie.
L'absence d'unités de conditionnement et de transformation locale contraint les producteurs à brader leurs récoltes sur les marchés internationaux. Le transfert des opérations d'affinage, d'usinage et de distribution vers les industries occidentales et asiatiques capte la quasi-totalité des marges bénéficiaires.
L'adoption de politiques industrielles axées sur la transformation bioéconomique permettrait de valoriser les gisements végétaux sur le sol africain. La structuration de chaînes de valeur régionales et l'investissement dans des capacités de stockage modernes créeraient des millions d'emplois ruraux tout en maximisant les rentrées douanières et fiscales.
Nlend Flore
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