FMI-CAMEROUN
Dans la perspective d'un nouveau programme économique et financier
Lors d'un sommet de haut niveau réunissant les ministres de l'Économie, les gouverneurs des banques centrales et les autorités françaises, le Cameroun a officiellement pris l'engagement de conclure un nouveau programme économique et financier avec le Fonds monétaire international (FMI). Cette décision, confirmée par un communiqué de la BEAC publié le 23 mars, marque le retour de Yaoundé dans le giron de l'institution de Bretton Woods après l'expiration de son précédent accord en juillet 2025.
Pour le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, ce nouveau partenariat n'est pas une option mais une nécessité vitale pour la soutenabilité des comptes publics. Entre 2017 et 2025, le Cameroun a capté environ 2 600 milliards de FCFA d'appuis budgétaires grâce à la discipline imposée par les programmes successifs. Sans un nouvel accord, l'accès à ces ressources ainsi qu'aux financements des autres partenaires au développement (souvent conditionnés au "quitus" du FMI) se retrouverait gravement compromis, obligeant l'État à solliciter des marchés plus onéreux.
Cet engagement à Paris est l'aboutissement d'un long processus d'arbitrage au sommet de l'État. Si le plaidoyer pour la reconduction du programme avait été porté dès octobre 2025 au sein du gouvernement, la décision finale restait suspendue à la validation de la présidence de la République. En alignant sa position sur celle de ses voisins congolais et gabonais, le Cameroun opte pour une stratégie de consolidation des réserves de change et de stabilisation du cadre macroéconomique régional, avec le soutien réaffirmé de la France.
Toutefois, le chemin vers le premier décaissement est encore semé d'embûches. La conclusion des programmes nationaux est désormais strictement corrélée à la validation par le FMI de la revue des politiques communes de la Cemac. Initialement prévue pour décembre 2025, cette revue a été ajournée en raison d'un manque d'harmonisation des politiques budgétaires nationales avec la stratégie régionale. Ce retard, qui affecte déjà le Tchad et la RCA, constitue le principal verrou que les capitales de la sous-région devront faire sauter pour transformer leurs engagements parisiens en réalités financières.
Bernardo
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