L'examen détaillé de la provenance des fonds révèle une concentration géographique majeure. Sur la période s'étalant de 2022 à 2025, les Émirats arabes unis s'imposent comme le principal émetteur, drainant près de 64 % des ressources cumulées en provenance de cette région. L'Arabie saoudite, le Koweït et le Qatar complètent ce tableau avec des contributions respectives et des contenus, confirmant que le dynamisme financier de la zone reste largement tributaire des places de Dubaï et d'Abou Dhabi.

Malgré ce regain de vitalité, l'apport financier du Golfe pèse encore peu dans la balance globale des transferts de la diaspora. Avec un volume total d'envois évalué à 650 milliards de FCFA pour l'ensemble des expatriés camerounais en 2025, les capitaux du Moyen-Orient ne représentent qu'une fraction marginale du gisement mondial. Pour le Trésor national, cette faible représentativité statistique souligne le poids prédominant des circuits traditionnels européens et américains dans le soutien financier aux familles conservées au pays.

Actuellement, ces ressources sont quasi exclusivement allouées à la consommation courante, couvrant les frais de santé, de scolarité et de subsistance des ménages. Pour les autorités monétaires, l'ambition est désormais de migrer vers un modèle de financement plus structurant. En s'inspirant des réussites éthiopiennes et sénégalaises, le Trésor envisage le lancement de mécanismes d'investissement dédiés, à l'instar des Diaspora Bonds. L'objectif consiste à offrir des outils transparents et attractifs pour orienter cette épargne vers des projets de développement plutôt que vers la seule sphère domestique.


Asaba