Ce poste comptable représente désormais le principal moteur d'alourdissement des restes à payer consolidés, lesquels s'établissent à 1 026,3 milliards de FCFA au terme du premier trimestre, contre 853,7 milliards de FCFA un an plus tôt, soit une dégradation budgétaire nette de 172,6 milliards de FCFA.

L'analyse de cette nomenclature financière met en relief une accélération marquée des impayés de court terme. Les créances datant de moins de quatre-vingt-dix jours ont plus que doublé en un an, grimpant de 126,3 milliards à 308,4 milliards de FCFA. Ce glissement annuel de 133,5 milliards de FCFA sur le segment des biens et services fragilise le tissu économique local en restreignant la marge de manœuvre des entreprises partenaires, confrontées à un assèchement de leur fonds de roulement, à des restrictions sur leurs investissements et à des difficultés structurelles pour honorer leurs obligations salariales ou bancaires.

Face à cette contraction de l'épargne publique, le mécanisme traditionnel de refinancement par le marché de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac) fait face à des arbitrages financiers contraignants. La mobilisation de capitaux via l'émission de titres publics devient onéreuse en raison d'un durcissement des conditions de liquidité régionale. Bien que l'encours global de la dette souveraine, chiffré à 15 416 milliards de FCFA (44,3 % du PIB), demeure inférieur au critère de convergence communautaire, l'accumulation des passifs intérieurs restreint l'efficacité opérationnelle des interventions budgétaires de l'administration centrale.


BCN