Financement : L'État injecte 6 milliards de FCFA à la BC-PME pour soutenir l'agro-industrie
Le 9 avril 2026, la Banque camerounaise des Petites et Moyennes Entreprises (BC-PME) a officialisé le renforcement de son partenariat avec le ministère de l’Agriculture et du Développement rural (Minader). Cet accord se traduit par la mise à disposition d'une importante enveloppe, spécifiquement réservée à l'accompagnement des opérateurs privés engagés dans des segments stratégiques tels que le blé, le maïs, le soja et l'huile de palme.
Sous la direction d'Amadou Haman, l'institution bancaire nationale propose désormais des modalités de financement particulièrement attractives. Les acteurs éligibles pourront accéder à des lignes de crédit assorties d'un taux bonifié de 3 % TTC. Cette mesure incitative vise à lever l'un des principaux obstacles à la croissance de l'agro-industrie : le coût élevé du capital. En offrant ces conditions avantageuses, l'État espère stimuler l'investissement privé et favoriser la modernisation des outils de production dans les bassins ruraux.
Cette intervention financière s'inscrit dans la continuité des résultats encourageants observés au cours de l'exercice 2025. Selon les indicateurs de l'INS, le pays a réussi à réduire ses dépenses extérieures pour le blé (-12,3 %) et le maïs (-7,8 %). Toutefois, la situation de l'huile de palme, dont les achats à l'étranger ont paradoxalement bondi pour atteindre 92,2 milliards de FCFA, justifiant ce surcroît de ressources. L'objectif consiste à stabiliser la production nationale pour contrer l'appropriation des marchés internationaux et protéger l'équilibre commercial des sorties massives de dispositifs.
Le dispositif ne se limite pas à l'apport de liquidités. Il s'adosse au Plan intégré d'import-substitution agropastoral et halieutique (Piisah), qui prévoit l'installation d'unités de transformation agroalimentaire et l'acquisition d'équipements modernes pour les coopératives. En ciblant les chaînes de valeur à fort potentiel, la BC-PME se positionne comme le bras séculier d'une politique de transformation en profondeur. Pour l'économie camerounaise, l'enjeu demeure la conversion durable du secteur primaire en un pôle industriel capable de satisfaire la demande intérieure tout en créant de la valeur ajoutée locale.
Ndjomo Carlos
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