L'urgence de cette intervention se justifie par des chiffres éloquents. En 2024, la consommation domestique a dépassé le seuil des 476 000 tonnes, dont près de la moitié provenait encore des marchés internationaux. Cette dépendance, qui a coûté environ 95 milliards de FCFA aux réserves de change en une seule année, laisse apparaître un vide productif de 225 000 tonnes. Le Profip se positionne comme un outil de réduction de ce déficit, en ciblant une croissance annuelle de 10 % de la production de poisson d'eau douce.

La stratégie repose sur une professionnalisation accumulée des acteurs de terrain. D'ici la clôture du projet, environ 700 unités piscicoles bénéficieront d'un accompagnement technique pour améliorer l'accès aux alevins et aux aliments de qualité. Le dispositif met l'accent sur le transfert de compétences, avec l'ambition que 70 % des pisciculteurs engagés maîtrisent les méthodes d'élevage intensif. Ce renforcement de capacités passera par 16 ateliers de formation répartis dans les quatre zones pivots du projet : le Centre, le Littoral, l'Ouest et le Sud.

Bien que l'objectif de 25 000 tonnes ne suffise pas à répondre à l'intégralité des besoins nationaux, le Profip marque une volonté de consolider les relais de croissance locale. En s'appuyant sur des formateurs privés et des techniques adaptées, le gouvernement espère un effet d'entraînement durable dans la filière continentale. Cette initiative constitue un jalon supplémentaire dans la politique de substitution aux importations, visant à sécuriser l'approvisionnement des populations tout en limitant l'érosion des appareils nécessaires au développement de l'économie nationale.


Asaba