Ce renversement repose sur une dynamique de prix contrastée. Tandis que le secteur extractif a pâti d'une baisse des cotations mondiales et d'une réponse des volumes expédiés, la fève camerounaise a profité d'une conjoncture internationale exceptionnellement porteuse. Les revenus issus des fèves brutes ont ainsi progressé de 18,7 % pour atteindre 810,2 milliards FCFA. À l'opposé, les recettes pétrolières ont chuté de près de 30 % en un an, plafonnant à 705,6 milliards FCFA. Ce chassé-croisé statistique illustre la sensibilité des finances publiques face à la possibilité des marchés mondiaux de matières.

L'essor cacaoyeur ne se limite plus à l'expédition de produits bruts. La stratégie de transformation locale commence à porter ses fruits de manière tangible. En 2025, les produits dérivés — pâte et beurre de cacao — ont représenté à eux seuls 12,2 % des entrées de devises, soit 377 milliards FCFA. Ce dynamisme est soutenu par l'entrée en scène de nouveaux transformateurs industriels et l'augmentation des capacités des acteurs historiques. Le franchissement du seuil des 100 000 tonnes traité sur le sol national place désormais le pays parmi les principaux exportateurs mondiaux de produits semi-finis.

Si l'année 2025 consacre le triomphe de l'agriculture sur l'extraction, la pérennité de ce leadership reste liée à la tenue des prix internationaux. Toutefois, l'ancrage de la filière via la transformation industrielle offre une base de résilience plus solide que par le passé. Pour les autorités, l'enjeu consiste désormais à consolider cet avantage comparatif afin de diversifier durablement les sources de dispositifs, tout en particulier l'exposition aux fluctuations imprévisibles des ressources fossiles.


Asaba