Le centre de gravité des acquisitions solaires se déplace. L'Égypte et l'Algérie occupent désormais les premiers rangs de cette mutation énergétique. Le Caire a plus que doublé ses achats pour atteindre 2,3 GW, tandis qu'Alger a multiplié ses importations par six en seulement douze mois. Au total, quinze nations africaines, dont le Nigeria, la RD Congo et le Cameroun, figurent parmi les clients significatifs de l'industrie chinoise. Cette tendance s'explique par un avantage compétitif majeur : les solutions chinoises de haut de gamme s'affichent à des tarifs inférieurs de 20 à 30 % à ceux des autres exportateurs asiatiques.

À l'échelle planétaire, le photovoltaïque s'impose comme la source d'énergie la plus dynamique. En 2025, il a couvert environ 75 % de l'augmentation nette de la demande mondiale d'électricité. Pour la première fois, la part du solaire dans la production électrique mondiale a dépassé celle de l'éolien, atteignant 8,7 %. En Afrique, cette percée a permis aux énergies renouvelables de faire avancer le charbon dans la production globale, même si des disparités subsistantes, notamment en Afrique du Sud où le charbon représente encore plus de 80 % de la génération de courant.

L'impact de la décentralisation énergétique sur le progrès de l'Afrique est fondamental. En profitant du basculement stratégique de Pékin, qui réoriente ses exportations vers les pays émergents en réaction aux barrières douanières occidentales, l'Afrique sécurise son accès à une technologie cruciale. Cette autonomie naissante est un levier de croissance pour les économies locales, permettant de réduire les déficits de production et de soutenir l'industrialisation. Chaque gigawatt installé sur le sol africain renforce la résilience du continent face aux chocs climatiques et monétaires mondiaux. Chaque projet solaire concrétisé constitue un pas de plus vers une prospérité durable et accessible pour tous les secteurs d'activité.


BCN