Échanges : Le commerce intra-africain se projette sur 230 milliards de dollars en 2026
L’intégration économique du continent franchit un palier significatif. Selon le dernier rapport « African Trade and Economic Outlook 2026 » de la Banque africaine d'import-export (Afreximbank), les échanges commerciaux intra-africains devraient croître de 10 % cette année pour atteindre 230 milliards de dollars. Cette projection optimiste repose sur la mise en œuvre accélérée de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et la réduction des obstacles structurels qui freinaient jusqu'ici la circulation des marchandises entre les frontières.
Le dynamisme attendu pour l'exercice 2026 s'appuie sur des réformes majeures introduites l'année précédente. L'entrée en vigueur du Système panafricain de règlement des paiements (PAPSS) constitue une avancée majeure, permettant de réduire les frais liés aux opérations de changement de 20 à 30 %. Parallèlement, l'adoption du protocole sur le commerce numérique et la suppression progressive des barrières non tarifaires sur les principaux corridors logistiques fluidifient les flux. Désormais, le secteur manufacturier et l'agroalimentaire représente près de la moitié des transactions régionales, signalant un début de diversification face à la prédominance historique des matières premières.
Malgré ces progrès, le rapport souligne que l'Afrique n'utilise qu'une fraction de son potentiel productif. Les exportations actuelles sont inférieures à 433,8 milliards de dollars à ce que le continent pourrait générer s'il transformait davantage ses ressources sur place. La mutation industrielle des produits agricoles pourrait augmenter les recettes d'exportation de plus de 42 %. Plus spectaculaire encore, le traitement local des minéraux est capable de produire 120 milliards de dollars de revenus annuels additionnels tout en créant plus de 400 000 emplois qualifiés.
L'impact de cette dynamique sur le développement de l'Afrique est fondamental. Si l'Afrique australe demeure le moteur historique des échanges, la ZLECAf favorise une participation plus active de l'Afrique de l'Ouest et de l'Est. Ce rééquilibrage géographique est essentiel pour stabiliser les économies nationales face à l'instabilité des marchés mondiaux.
En investissant massivement dans les infrastructures et la gouvernance, le continent se donne les moyens de passer d'une économie de rente à une puissance industrielle intégrée. Ce renforcement du commerce interne garantit une croissance plus autonome et une résilience accrue face aux chocs exogènes. En captant davantage de valeur ajoutée, les nations africaines ne se contentent pas d'équilibrer leur balance commerciale ; elles revêtent les fondements d'une prospérité partagée, moins dépendante des aléas de la finance internationale.
Prêter Flore
Comments