Douala : Le sinistre chez Metafrique relance le débat sur la sécurité de zone industrielle
Un incendie d'une rare violence a ravagé, dans la nuit du 30 avril au 1er mai 2026, une partie des unités de production de Metafrique Steel, situées dans la zone industrielle de Bassa. Le bilan humain est lourd, faisant état de dix blessés, dont certains se trouvent dans un état critique à l’hôpital général de Douala. Face à l'ampleur du sinistre, la direction de cette filiale du groupe indien Metafrique a ordonné la fermeture immédiate et provisoire de l'usine, le temps d'évaluer les dommages et de mener les investigations nécessaires.
Bien que les causes réelles de la tragédie restent à confirmer, les premiers indices pointent vers un dysfonctionnement au niveau de la fournaise, cœur névralgique de l'usine où le métal est liquéfié à des températures extrêmes. Ce n'est pas la première fois que le site est confronté à des flammes, mais la gravité des blessures infligées aux employés place cette crise sous un projecteur nouveau. En plus de l'arrêt technique, l'entreprise a mobilisé une cellule de soutien psychologique pour accompagner ses 500 collaborateurs. La maîtrise des risques thermiques demeure un défi constant pour ces unités de transformation lourde. L'efficience de la gestion des risques devient ici le garant de la croissance future.
L'impact de cet arrêt dépasse le cadre de l'entreprise. Metafrique Steel est un pilier de l’Organisation camerounaise des industries de transformation des métaux (Ocitram), contribuant activement à une production annuelle de 36 000 tonnes de fer à béton et d'acier recyclé. Avec les autres leaders du secteur, elle participe à un marché national pesant près de 500 milliards de FCFA de chiffre d'affaires. Ce coup d'arrêt pour l'un des cinq grands industriels du pays pourrait, s'il se prolonge, créer des tensions sur l'offre de matériaux de construction. La maîtrise des flux par ces acteurs professionnels favorise une meilleure liquidité du marché.
Cet événement tragique remet sur le devant de la scène l'exigence de rigueur dans l'exploitation des sites à haut risque. Pour Metafrique, qui s'est récemment diversifiée dans la production de gaz industriels via la reprise d'Airgaz, la réouverture des installations de Bassa sera conditionnée par une remise aux normes sévère. Les autorités et les partenaires du secteur suivront de près les conclusions des enquêtes pour s'assurer que les protocoles de prévention sont à la hauteur des enjeux humains et économiques. Chaque investissement dans la sécurité fortifie la résilience de l'outil de production national. Chaque placement effectué consolide la solidité du système industriel camerounais vers une croissance plus sûre.
Nlend Flore
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