Dévaluation du FCFA : Le groupe Citi présente les avantages
La stabilité du franc CFA en Afrique centrale se retrouve à nouveau sous le feu des analyses financières internationales. Dans une note publiée le 7 mai 2026, David Cowan, économiste en chef pour l'Afrique au sein de la banque américaine Citi, préconise un ajustement de la parité de la monnaie commune.
Selon cette expertise, une dévaluation permettrait de stimuler une croissance actuellement atone et de corriger l'endettement pesant des États membres de la CEMAC, tout en restaurant la compétitivité des exportations régionales.
Cette perspective de Wall Street se heurte à une fin de non-recevoir catégorique de la part de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC). Le gouverneur Yvon Sana Bangui a récemment affirmé que la monnaie ne courait aucun risque, s'appuyant sur des indicateurs de solidité rassurants. Les réserves de change de la sous-région garantissent actuellement 4,5 mois d’importations, un niveau confortablement installé au-dessus des seuils d'alerte critiques. Par ailleurs, l'inflation reste maîtrisée sous le plafond communautaire de 3 %, ce qui, pour les autorités monétaires, rend toute hypothèse de dévaluation dénuée de fondement économique immédiat.
Pour consolider cette résilience, l'institution d'émission a durci les règles de gestion des devises. Une nouvelle directive impose désormais aux multinationales des secteurs pétrolier et minier de rapatrier progressivement jusqu’à 70 % de leurs revenus étrangers d'ici 2028. Cette mesure vise à gonfler le matelas de devises étrangères afin de prémunir la zone contre d'éventuels chocs exogènes. Si cette stratégie renforce la souveraineté financière de la zone, elle suscite néanmoins des réserves chez certains partenaires internationaux et investisseurs extractifs.
Le souvenir de l’ajustement monétaire de 1994, qui avait divisé par deux la valeur de la monnaie, reste présent dans les mémoires en raison du choc inflationniste qui en avait découlé. Toutefois, le contexte actuel diffère fondamentalement de celui de l'époque, où les réserves couvraient à peine un mois d'achats extérieurs. Aujourd'hui, la BEAC privilégie la rigueur budgétaire et une gestion stricte des comptes courants. La confrontation entre les prévisions de Citi et la détermination de Yaoundé souligne l'enjeu majeur de la pérennité du système monétaire face aux pressions des marchés globaux.
Ndjomo Carlos
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