Le document, intitulé « Tendances des transferts internationaux d'armes 2025 », révèle un recul spectaculaire de 41 % des acquisitions d'armes majeures (avions, blindés, systèmes de défense) par rapport au quinquennat précédent. Cette baisse est principalement imputable à la politique d'achat de l'Algérie, historiquement premier client de la région, dont les commandes déclarées ont dégringolé de 78 %. Toutefois, le SIPRI nuance ces chiffres, soulignant que l'opacité de certains contrats récents avec la Russie pourrait suggérer une sous-évaluation des données réelles. À l'inverse, le Maroc consolide sa position avec une croissance de 12 % de ses importations, se classant au 28e rang mondial des acheteurs.

Si le continent dans son ensemble réduit la voile, l'Afrique subsaharienne affiche une dynamique opposée avec une hausse de 13 % de ses importations. Cette zone géographique, qui capte 2,2 % du marché mondial, est devenue un terrain de compétition acharnée pour les puissances émergentes. La Chine y domine avec 22 % des livraisons, ayant fourni des équipements lourds à 23 États de la région. Le Nigeria (16 % des parts régionales), le Sénégal (8,8 %) et le Mali (8 %) figurent en tête des pays les plus actifs, illustrant les enjeux sécuritaires persistants dans le Sahel et le Golfe de Guinée.

À l'échelle planétaire, le commerce des armes a progressé de 9,2 %, porté par une Europe en plein réarmement (+210 % d'importations). Dans ce concert des nations, les États-Unis confortent leur hégémonie mondiale avec 42 % des exportations globales, loin devant la France (9,8 %) qui consolide sa deuxième place, et une Russie en déclin relatif (6,8 %). Pour l'Afrique, qui ne prévoit que 4,3 % des importations mondiales, le défi reste celui de la diversification des sources d'approvisionnement dans un environnement marqué par le retour de la Turquie comme acteur influent (11 % des parties en Afrique subsaharienne).


Ndjomo Carlos