L'instabilité au Moyen-Orient s'impose désormais comme un facteur de risque prépondérant. La montée des prix de l'énergie et des intrants agricoles, provoquée par les tensions régionales, devrait porter l'inflation à 4,8 % sur l'ensemble de l'année 2026. Cette situation pèse lourdement sur le pouvoir d'achat des ménages, dont une fraction majeure du budget est captée par les besoins de première nécessité. Le renforcement des conditions financières à l'échelle internationale restreint également les marges de manœuvre des économies les plus dépendantes des importations de pétrole et de denrées alimentaires.

La question de la dette publique constitue un point d'alerte majeur pour l'institution financière. Entre 2017 et 2025, la part des recettes budgétaires allouée au remboursement du service de la dette externe à doublé, atteint désormais 18 %. Cette ponction massive sur les ressources étatiques se fait au détriment des investissements publics prioritaires, qui restent 20 % en déçà de leur niveau de 2014. Conjuguée à une érosion de l'aide internationale au développement, cette contrainte financière limite la capacité des gouvernements à financer des infrastructures créatrices d'emplois.

Face à l'intégration prévue de 620 millions de nouveaux actifs sur le marché du travail d'ici 2050, la Banque mondiale préconise une transformation profonde du modèle productif. Une industrialisation ciblée, orientée vers des segments à forte valeur ajoutée tels que les minéraux critiques ou l'industrie pharmaceutique, est présentée comme le levier capable de soutenir une croissance pérenne. La réussite de ce changement stratégique dépendra d'une intégration régionale renforcée et d'une rigueur accrue dans l'exécution des politiques publiques, afin d'éviter la prolifération de pôles de production isolés et peu performants.


Asaba