Sous l'impulsion de sa présidente, Laure Djoukam, l'AmCham exhorte le triangle national à rompre avec un modèle économique essentiellement tourné vers la consommation de produits importés. La nouvelle doctrine défendue consiste à transformer le territoire en une base de production régionale pour les multinationales du pays de l'Oncle Sam. Cette mutation exige une sécurité juridique sans faille et une prévisibilité contractuelle, conditions sine qua non pour assureur des investisseurs dont l'exigence de transparence reste le premier critère d'arbitrage. L'objectif final est de faire émerger des joint-ventures capables de catalyser l'emploi jeune et de densifier le tissu industriel camerounais.

Pour John G. Robinson, chargé d'affaires à l'ambassade des États-Unis, le principal obstacle au déploiement des capitaux américains n'est pas de nature politique, mais informationnelle. Le diagnostic révèle une méconnaissance des procédures d'accès au marché et une lecture parcellaire des opportunités sectorielles, notamment dans le domaine des critiques de minéraux et des services à haute valeur ajoutée. Pour pallier cet "angle mort" opérationnel, l'AmCham se positionne comme un pivot entre les investisseurs et les administrations publiques, avec pour mission de fluidifier les interactions douanières et fiscales et de rendre l'offre camerounaise plus lisible à l'international.

Malgré la perte du levier symbolique de l'AGOA, le Cameroun tente de prouver que son attractivité dynamique peut supplanter les incitations tarifaires. La réussite de cette feuille de route opérationnelle dépendra toutefois de la capacité du gouvernement à transformer ce dialogue exploratoire en décisions d'investissement efficace. Dans un environnement mondialisé ultra-concurrentiel, la crédibilité de Yaoundé se jouera sur sa capacité à offrir un écosystème d'affaires assaini, où la protection des investissements et la célérité administrative ne sont plus des intentions, mais des réalités tangibles pour les capitaux venant de Washington.


BCN