Coopération Chine-Afrique : Le déficit commercial chiffré à 36,8 milliards de dollars à fin avril 2026
Les déséquilibres structurels entre le continent et la deuxième économie mondiale s'accentuent sous l'effet des tensions géopolitiques globales. Les indicateurs publiés vendredi 8 mai 2026 par l'administration générale des douanes chinoises révèlent que le déficit commercial de l’Afrique face à Pékin a bondi de 48,27 % sur les quatre premiers mois de l'année.
Listen to the article
Click to generate the audio version
Cette détérioration résulte d'une offensive à l'exportation des industriels chinois, contraints de réorienter leurs flux de marchandises pour compenser le durcissement des barrières douanières sur le marché américain.
L'asymétrie des flux marchands est nette. Entre le 1er janvier et le 30 avril 2026, les expéditions de l'empire du Milieu vers les pays africains ont progressé de 28 % pour atteindre 81,82 milliards de dollars. En contrepartie, les achats chinois de produits africains, historiquement concentrés sur les matières premières brutes, les hydrocarbures et les ressources minières à faible valeur ajoutée, n'ont progressé que de 14,5 % pour se fixer à 45,02 milliards de dollars. Au total, le volume global des échanges bilatéraux a atteint 126,84 milliards de dollars, en hausse de 22,8 % par rapport au premier quadrimestre de l'exercice précédent.
Face aux critiques récurrentes sur ce déséquilibre, Pékin a étendu, le 1er mai 2026, son programme de franchise douanière à la totalité des nations africaines partenaires, après l'avoir appliqué fin 2024 aux pays les moins avancés (PMA). Les analystes relativisent la portée de cette politique d'exemption tarifaire, rappelant que 94,5 % des cargaisons africaines accédaient déjà au marché chinois sans droits de douane. L'absence d'unités de transformation locale et la faiblesse du tissu industriel régional limitent la compétitivité de l'offre africaine face aux biens manufacturés et aux technologies vertes importées de « l'usine du monde ». Cette asymétrie fait peser le risque de mesures de rétorsion antidumping de la part des capitales africaines pour protéger leurs propres marchés intérieurs.
Asaba
Comments