Contreperformance : Afriland First Bank Congo au bord de la faillite
À la clôture de l'exercice 2025, l'établissement enregistre un produit net bancaire négatif de 4,68 millions de dollars, une perte nette de 50,4 millions de dollars et un niveau de fonds propres négatif atteignant 116,9 millions de dollars, alors que la valeur des fonds propres s'élevait à 48,05 millions de dollars en août 2021.
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Le dispositif de résolution enclenché par la Banque centrale du Congo échoue à redresser l'institution, dont le portefeuille de crédits bruts de 175 millions de dollars ne compte plus que 37,8 millions de dollars d'encours sains, contraignant la direction provisoire à constituer 131,9 millions de dollars de provisions pour créances en souffrance. La perte de marchés stratégiques, incluant la gestion de la paie de 29 513 enseignants pour une valeur mensuelle de 12 milliards de francs congolais, prive la structure de liquidités cruciales. L'éviction du fondateur Paul Kammogne Fokam et de la maison-mère Afriland First Group, détenant initialement 95,6 % des parts, a débouché sur une bataille juridique devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements, tandis que l'exigence réglementaire de capital minimum fixée à 50 millions de dollars depuis janvier 2025 rend le coût du sauvetage prohibitif pour les autorités monétaires.
L'accumulation de créances toxiques et l'effondrement des revenus d'exploitation bloquent la couverture des charges de structure. La saisine du CIRDI par les anciens actionnaires majeurs paralyse la recherche d'un repreneur privé solvable. L'obligation de provisionner intégralement les pertes d'impayés détruit la base de capital nécessaire au respect des normes prudentielles.
L'érosion des dépôts de la clientèle fragilise la trésorerie immédiate de l'établissement en résolution. L'aboutissement des procédures d'arbitrage international déterminera la charge financière supportée par le Trésor public congolais. Le transfert des portefeuilles institutionnels vers des banques concurrentes redistribue les parts de marché au sein de la place financière de Kinshasa.
Ndjomo Carlos
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