L’initiative actuelle vise à fusionner des systèmes informatiques performants mais isolés, à l'instar du logiciel douanier CAMCIS et de la plateforme e-GUCE, pour bâtir un canal de communication partagé entre les consignataires, les douanes et les autorités de Douala et Kribi.

Le cloisonnement des applications actuelles génère des lourdeurs administratives que les autorités entendent éradiquer à travers un plan de déploiement étalé sur une période de 24 mois. La note d’orientation du ministère des Transports met en exergue la nécessité de standardiser les formulaires pour éliminer les doubles saisies qui pénalisent la célérité des opérations. L’intégration technique se heurte toutefois à d'importants vides juridiques, le pays ne disposant d'aucune législation spécifique pour authentifier les documents dématérialisés ou définir la responsabilité civile des intervenants en cas de faille de sécurité. Les gestionnaires estiment que la synchronisation en temps réel des bases de données constitue l’unique levier pour abaisser les coûts indirects et capter les flux de marchandises à destination des pays enclavés de l'hinterland.

L’implémentation complète de la plateforme unifiée requiert l'abandon définitif des procédures manuelles parallèles par les administrations sectorielles, une transition qui bouscule les habitudes organisationnelles de la communauté portuaire. Les opérateurs privés devront également restructurer leurs outils internes pour s’arrimer à cette interface logicielle globale. Le calendrier officiel fixe des étapes intermédiaires rigoureuses, incluant une phase de modélisation des processus et un test pilote avant la généralisation de l’outil. Pour transformer l’essai, le gouvernement camerounais doit clarifier d’urgence les lignes budgétaires allouées au financement du projet et publier des indicateurs de performance précis pour évaluer le gain réel en heures sur le traitement des navires.


Asaba