Ce succès commercial se traduit par une hausse substantielle des rentrées de devises. En un an, les recettes générées par cette filière ont bondi de 18,7 milliards de FCFA, pour s'établir à un total de 52,9 milliards de FCFA. Le Nigeria demeure le principal moteur de cette croissance. À lui seul, ce voisin stratégique absorbe près de 68 % des exportations camerounaises de savon, confirmant son rôle de débouché prioritaire pour les produits manufacturés issus du bassin industriel de Douala.


Toutefois, cette vitalité à l'exportation masque une vulnérabilité structurelle liée à l'approvisionnement en matières premières. Le développement soutenu des unités de raffinage et de savonnerie se heurte à une production nationale d'huile de palme brute insuffisante pour couvrir les besoins industriels. Pour maintenir le rythme de production et honorer les commandes internationales, le secteur est contraint de s'appuyer sur des importations massives.


Afin de compenser ce déficit chronique, les autorités ont dû autoriser des volumes d'importation records ces dernières années, atteignant notamment 200 000 tonnes en 2023 pour stabiliser l'offre intérieure et soutenir la transformation. Si la filière savon s'impose aujourd'hui comme un pilier de la balance commerciale hors hydrocarbures, sa pérennité dépendra de la capacité du pays à réduire sa dépendance aux marchés étrangers en augmentant les rendements des palmeraies locales.


Nlend Flore