Commerce extérieur
Les importations de poisson franchissent la barre de 230 milliards FCFA en 2025
Le déséquilibre entre les besoins alimentaires des populations et l’offre halieutique nationale s’accentue. Selon le bilan du commerce extérieur publié le 1er avril 2026 par l’Institut national de la statistique (INS), les dépenses consacrées à l’achat de poisson congelé ont atteint des sommets l'an dernier.
Le pays a mobilisé 230,8 milliards FCFA pour ses ravitaillements mondiaux, soit une envolée de 38 % par rapport aux 167,3 milliards FCFA de l'exercice précédent. Cette augmentation de la facture traduit un recours massif aux marchés étrangers, les volumes commandés étant passés de 207 092 tonnes à 267 259 tonnes en l'espace de douze mois.
L'analyse des flux financiers démontre que le marché national demeure structurellement déficitaire. Avec des besoins de consommation domestique estimés entre 480 000 et 500 000 tonnes annuelles, l'acquisition de protéines animales à l'international reste l'unique levier pour éviter les pénuries. La croissance des volumes, en hausse de 27,3 %, souligne la difficulté des circuits locaux à suivre le rythme d'une demande urbaine et rurale de plus en plus forte. Cette situation pèse lourdement sur la balance commerciale, les sorties de devises pour ce seul poste ayant cumulé plus de 760 milliards FCFA sur les cinq dernières années.
Pourtant, les indicateurs de la filière domestique affichent une trajectoire encourageante. Les données du ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales (Minepia) font état d'une offre nationale de 197 842 tonnes à la fin du troisième trimestre 2025, marquant une progression de 5 %. Si la pêche artisanale et industrielle reste le pilier du secteur avec plus de 184 000 tonnes, c’est l’aquaculture qui montre la vitalité la plus vigoureuse avec un bond de 22 %. Ces avancées réelles demeurent toutefois insuffisantes pour combler un manque productif historique.
Pour tenter de modifier cette dynamique, les pouvoirs publics multiplient les interventions techniques. La méthode actuelle repose sur la modernisation des outils de travail pour les pêcheurs et le déploiement de fermes piscicoles utilisant des technologies de cages flottantes ou de bacs hors-sol. L'amélioration de la chaîne de froid et la création de centres de commercialisation spécialisés visent également à limiter les pertes après les captures. Le défi pour les autorités consiste désormais à transformer ces initiatives en une véritable puissance industrielle capable de réduire durablement la dépendance extérieure.
Bernardo
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