Les travaux s'étaleront sur un calendrier contractuel de huit mois, validés par une notation d’évaluation technique établie à 82,14 %. Cet investissement initial matérialise la volonté de l'entreprise de reconvertir son réseau territorial en un dispositif d'entreposage adapté aux exigences du commerce en ligne.

Cette infrastructure constitue le premier jalon d'un plan global de déploiement estimé entre 2 et 3 milliards de FCFA. Les orientations budgétaires du ministère des Postes et Télécommunications intègrent en effet la mise en service, au cours de cette année 2026, d’une place de marché numérique baptisée Bolamba. Pour garantir la fluidité des opérations, la direction générale prévoit l’implantation de deux centres de tri aéroportuaires à Douala et Yaoundé, sur des emprises foncières sécurisées auprès de la Société des aéroports du Cameroun (ADC). La firme entend ainsi contrôler l'intégralité de la chaîne de valeur, depuis la réception des colis internationaux jusqu'au raccordement du dernier kilomètre.

Le ciblage de ce segment répond à une impérative diversification, alors que le volume du courrier conventionnel subit une érosion continue. Les projections macroéconomiques évaluent les transactions du commerce électronique national à 531 milliards de FCFA (environ 811,09 millions d’euros). L’entreprise publique cherche à capitaliser sur cette masse financière, bien qu'elle avance sur un terrain balisé par l'échec de son alliance stratégique avec Jumia en 2016. La réussite de cette nouvelle offensive ne dépendra pas uniquement de la solidité des hangars construits, mais de l'aptitude de l'opérateur à séduire un volume critique de marchands grâce à des tarifs compétitifs et une rigueur d'exécution opérationnelle.


Nlend Flore