L’analyse de Fitch accorde une importance particulière aux récents ajustements institutionnels. La réforme constitutionnelle d'avril 2026, instaurant un poste de vice-président, est perçue comme un mécanisme d'atténuation du risque de transition. En définissant clairement les modalités de remplacement du Chef de l'État en cas de vacance, Yaoundé réduit l'incertitude politique qui préoccupait jusqu'alors les marchés internationaux. Bien que l'identité du futur occupant de cette fonction reste encore inconnue et que le climat sociopolitique demeure marqué par des clivages, cette évolution réglementaire offre une visibilité accrue sur la continuité de l'État après le scrutin d'octobre 2025. Cette nouvelle organisation vise à stabiliser le cadre de gouvernance.

Toutefois, la gestion des finances publiques demeure le point sensible de l'économie nationale. L'agence américaine alerte sur l'accumulation des arriérés domestiques, dont le stock a atteint 560 milliards de FCFA en 2025. Ces tensions de trésorerie sont accentuées par le rôle prédominant de la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH), dont les interventions directes dans le budget national échappent encore aux efforts de rationalisation souhaités par les bailleurs de fonds. La poursuite de ces pratiques, conjuguée à la nécessité de maintenir un programme solide avec le Fonds Monétaire International (FMI), constitue un défi majeur pour la crédibilité financière du pays à moyen terme. L'équilibre des comptes reste une priorité pour rassurer les partenaires.

Malgré ces défis, le Cameroun a démontré sa capacité à capter l'épargne internationale, comme en témoigne le succès de l'émission obligataire de 750 millions de dollars réalisée en janvier 2026. Cette aisance relative à mobiliser des ressources extérieures permet de compenser partiellement les faiblesses internes du système financier. Pour l'administration, l'enjeu consiste désormais à transformer cette confiance des créanciers en une dynamique de développement durable, tout en apurant les dettes envers les opérateurs économiques locaux. La pérennité de la note souveraine dépendra de la capacité du Gouvernement à concilier réformes institutionnelles et rigueur budgétaire. Chaque réforme structurelle réussie fortifie la résilience de l'économie camerounaise face aux chocs extérieurs. L'efficience de la dépense publique demeure le garant de cette trajectoire de notation.


BCN