Le rapport, fruit d'une collaboration entre l'Université d'Oxford et l'institut Gallup, s'appuie sur l'échelle de Cantril pour mesurer la satisfaction de vie. Si Maurice (73e mondial) conserve son leadership continental grâce à un PIB par habitant les 12 000 USD, le positionnement du Cameroun devant des puissances comme l'Afrique du Sud (101e) souligne l'importance des facteurs extra-économiques. Outre la richesse matérielle, l'étude importante des piliers tels que le soutien social, la liberté de choix individuels et la générosité, des segments où la société camerounaise affiche une vitalité certaine malgré les défis conjoncturels.

La méthodologie du rapport repose sur six variables clés à savoir le PIB, l'espérance de vie en bonne santé, la perception de la corruption, le soutien de l'entourage, la liberté et la générosité. Pour les experts, ce classement reflète la capacité des populations à projeter une image positive de leur quotidien malgré les pressions inflationnistes ou sécuritaires. À l'inverse, des pays comme la Sierra Leone ferment la marche, illustrant le lien indissociable entre stabilité politique et morale nationale.

L'édition 2026 apporte un éclairage inédit sur l'influence des réseaux sociaux sur le bonheur, particulièrement chez les jeunes. Le professeur Jan-Emmanuel De Neve, co-auteur du rapport, pointe un paradoxe : si une connexion numérique excessive dégrade le bien-être, l'isolement total prive également les individus de ressources sociales essentielles. Dans un pays comme le Cameroun, où la pénétration du numérique s'accélère, l'équilibre entre vie connectée et santé mentale devient un enjeu de premier plan pour maintenir cette dynamique de satisfaction collective.


BCN