Cette érosion de la performance trouve sa source dans l'atonie du secteur de la construction au niveau national. L'entreprise pointe notamment l'incidence d'un calendrier post-électoral ayant induit une certaine inertie dans la dépense publique. Dans un marché où le bâtiment et les travaux publics dépendent étroitement de la mise en œuvre des projets d'infrastructures routières et immobilières de l'État, le décalage des décaissements budgétaires s'est immédiatement traduit par un affaissement de la demande en matériaux.


Pourtant, les indicateurs macroéconomiques camerounais affichent une relative sérénité. Avec une hausse des prix à la consommation contenue autour de 2,5 %, les conditions auraient pu favoriser une stabilité de la demande. Sur le plan opérationnel, la firme a pourtant intensifié ses flux logistiques internes pour sécuriser ses intrants. Les expéditions de clinker depuis le Nigeria vers le triangle Cameroun-Ghana ont bondi de 58,8 % sur la période, atteignant 378 200 tonnes, illustrant une volonté de maintenir l'outil industriel en activité malgré la conjoncture.


À l'échelle continentale, le bilan de la multinationale demeure florissant. Le chiffre d'affaires consolidé a grimpé de 20,4 % pour atteindre l'équivalent de 479,2 milliards de FCFA, tandis que le bénéfice net a progressé de 53,5 %, s'établissant à environ 128,4 milliards de FCFA. Des marchés comme l'Éthiopie ou la Tanzanie affichent des croissances respectives de 31,5 % et 24,7 %. Ce décalage met en exergue la vulnérabilité spécifique de l'entité locale aux cycles des investissements publics camerounais, dont le rythme d'exécution demeure le principal moteur de croissance pour les cimentiers.


BCN