Centrafrique : Le masse salariale absorbe 81 % des recettes fiscalo-douanières au premier semestre 2026
La dérive des dépenses liées aux personnels de l’État, engendrée par l'intégration massive d'agents au sein de la fonction publique, comprime les marges budgétaires de Bangui et menace l'exécution des investissements prioritaires à l'issue du premier semestre.
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Au 30 juin 2026, sur une enveloppe annuelle initiale de 114,15 milliards FCFA, l'exécutif centrafricain enregistre un taux de consommation des crédits de personnel de 68,41 milliards de FCFA, soit 59,93 %. Évaluée à 17,21 % par rapport à l'exercice précédent, la hausse des traitements des agents de l'Etat, absorbe désormais 81 % des recettes fiscales et douanières récoltées par le Trésor.
Par ailleurs, les allocations d'équipement sur fonds propres stagnent à 33,07 %, tandis que les crédits dédiés aux interventions sociales peinent à dépasser 33,08 % d'exécution.
Toutefois, la mobilisation des ressources intérieures fait preuve d'une vigueur relative, totalisant 109,80 milliards FCFA pour un objectif semestriel théorique dépassé à 53,10 %. Portées par les recouvrements fiscaux établis à 43,61 milliards FCFA (en progression de 25,77 %) et par les recettes douanières chiffrées à 35,11 milliards FCFA, les rentrées budgétaires globales grimpent à 166,08 milliards FCFA. En revanche, la faiblesse des concours financiers extérieurs, captés à hauteur de seulement 34,82 % des prévisions avec 56,28 milliards FCFA, creuse un déficit budgétaire global de 13,39 milliards FCFA.
Devant l'accumulation des engagements non réglés dont le taux d'effectivité de paiement s'établit à 13,97 % des crédits ouverts, l'exécutif fait face à un resserrement de sa liquidité opérationnelle.
Le rééquilibrage de la dépense administrative s'impose afin de préserver la crédibilité financière auprès des partenaires multilatéraux.
Au terme de ce semestre sous pression, le redressement des comptes publics exige des arbitrages rigoureux sur le recrutement des fonctionnaires. La stricte maîtrise de la masse salariale conditionne le rétablissement de la souveraineté budgétaire nationale.
Ndjomo Carlos
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