Sur la masse monétaire globale injectée par le système bancaire sous-régional, l'économie camerounaise a capté à elle seule une enveloppe de 1 922,4 milliards de FCFA, représentant une part dominante de 63,93 %. Les pointages de l'institut d'émission d'Afrique centrale valident la centralité du marché de Yaoundé face aux places concurrentes du Gabon (18,25 %), du Congo (8,33 %), du Tchad (5,59 %), de la Guinée équatoriale (3,03 %) et de la République centrafricaine (0,87 %).

L'accélération trimestrielle de la demande de financement au Cameroun, marquée par un bond de 10,56 % en fin d'année, découle d'un tissu commercial stimulé par les échéances de consommation et la ferveur liée aux consultations politiques nationales. L'émulation entre les établissements de crédit locaux entretient des conditions tarifaires propices à l'endettement. La segmentation des parts de marché consacre la première place à Banque Atlantique Cameroun avec 19,89 % des nouveaux engagements, talonnée par Société Générale Cameroun, SCB Cameroun et BGFIBank Cameroun. Les grandes entreprises privées demeurent les bénéficiaires hégémoniques des guichets bancaires, s'octroyant 1 236 milliards de FCFA, soit les deux tiers des enveloppes débloquées. Les administrations publiques affichent également un recours accru au levier bancaire, dont l'exposition est passée de 31,9 milliards à 167,3 milliards de FCFA en un an, au détriment des ménages dont la quote-part s'est repliée à 7,1 %.

La nature des concours financiers met toutefois en exergue des choix de gestion qui interrogent la viabilité structurelle du modèle de croissance. Plus de 60 % des allocations financières sont captées par des facilités de caisse et des découverts de court terme visant à couvrir des tensions immédiates de trésorerie. Les crédits à moyen et long termes dédiés à l'investissement, indispensables pour densifier l'appareil industriel national et substituer les importations, ne représentent qu'un reliquat marginal de 13,2 % du volume global. Le déséquilibre fonctionnel de la distribution du crédit souligne la prudence des intermédiaires financiers, qui privilégient le refinancement des cycles d'exploitation commerciale au détriment du capital-risque à long terme.


BCN