La configuration des barèmes d'intérêt illustre la sédimentation de compartiments bancaires étanches, imperméables aux mécanismes théoriques de l'intégration financière régionale.

L'analyse de l'échelle des taux d'intérêt met en évidence une gradation des conditions de crédit qui fragilise la convergence macroéconomique de la zone. Derrière le plafond gabonais, la République centrafricaine enregistre un coût d'emprunt de 14,04 %, suivie par la Guinée équatoriale à 11,19 %, le Congo à 10,66 % et le Tchad à 10,31 %. Les facteurs explicatifs de telles divergences résident dans l'asymétrie de la liquidité bancaire et la structure des portefeuilles de créances en souffrance. Les banques opérant au Cameroun bénéficient d'un tissu économique plus diversifié et d'une concurrence interbancaire intense qui comprime les marges d'intermédiation. En revanche, les économies fortement dépendantes des secteurs extractifs subissent un rationnement du crédit qui renchérit le loyer de l'argent pour les opérateurs privés et les institutions publiques.

Les écarts de tarification pénalisent la compétitivité des entreprises implantées dans les zones à taux élevés, créant des distorsions de concurrence au sein du marché commun de la ZLECAf. La cherté du crédit en dehors des frontières camerounaises freine les investissements de modernisation industrielle et limite le refinancement des besoins de roulement à court terme. Pour les planificateurs de la politique de crédit, la réduction des fractures douanières et l'harmonisation des règles de notation des contreparties constituent les conditions préalables pour unifier les coûts du capital. La convergence des taux débiteurs vers la moyenne camerounaise demeure indispensable pour fluidifier la circulation des flux financiers et garantir l'allocation optimale de l'épargne régionale vers les secteurs productifs d'Afrique centrale.


Nlend Flore