Cette entente opérationnelle prend la forme d'une convention de partenariat axée sur la mutualisation des instruments pédagogiques, le transfert de compétences et la structuration des politiques publiques de vulgarisation financière au Cameroun, en Centrafrique, au Congo, au Gabon, en Guinée équatoriale et au Tchad.

Le déploiement de ce mécanisme d'accompagnement répond à des déséquilibres persistants au sein des circuits financiers de la communauté. La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) met en relief des indicateurs sectoriels mitigés, marqués par un taux de bancarisation stricte confiné à 13 %. L'accès aux financements demeure restrictif, le taux d'octroi de crédits aux micro, petites et moyennes entreprises (MPME) plafonnant à 23 %, tandis que la pénétration des services financiers auprès de la population féminine n'atteint que 35 %. En élargissant l'analyse aux circuits formels et informels, le niveau global d'accès au crédit s'établit à 47 %.

La revalorisation de la culture boursière et bancaire se présente comme le principal levier pour inverser ces tendances lourdes. En dépit de ces rigidités structurelles, l’intégration financière régionale maintient une courbe ascendante, s'élevant à 32 % contre 27 % lors des recensements antérieurs. Les modélisations prospectives de la banque centrale tablent sur une accélération de cette dynamique, avec des projections fixées à 60 % d’ici 2029, avant d'envisager un ancrage à 75 % à l'horizon 2032. L'incorporation des modules de formation de l'institution française vise à sécuriser cette trajectoire en renforçant la transparence et la vulgarisation des mécanismes de placement auprès du grand public.


Ndjomo Carlos