La structure publique a traité un flux de 22 000 transactions, permettant la prise en charge de 17 000 dossiers de consignation incluant les cautionnements administratifs, les séquestres, les fonds de commerce en déshérence et les dépôts judiciaires. L'institution affirme son rôle d'investisseur institutionnel en injectant un encours de 56 milliards de Francs CFA dans les valeurs du Trésor et autres obligations d’État, assurant en parallèle la restitution de 20 milliards de Francs CFA aux ayants droit légitimes, prouvant la viabilité de son mécanisme de conservation et de restitution des fonds privés inactifs.

La stratégie de placement adoptée par la direction générale illustre une volonté d'optimiser le rendement des capitaux dormants sans altérer les exigences de liquidité et de sécurité inhérentes aux banques de dépôts modernes. Les interventions sur le marché financier régional, matérialisées par l'allocation de 40 milliards de Francs CFA spécifiquement fléchés vers les titres de créance à court et moyen termes émis par le Trésor public, visent à générer des revenus stables aptes à renforcer l'autonomie financière de l'établissement tout en limitant l'exposition aux risques de marché. Le déploiement de l'entité permet de soustraire des volumes de liquidités importants aux circuits bancaires commerciaux classiques pour les transformer en outils d'accompagnement des politiques publiques de long terme.

La direction générale ambitionne désormais d'élargir son champ d'action macroéconomique à travers le projet DIASDEV, une initiative de structuration de l'épargne réglementée destinée aux ressortissants de la diaspora et aux résidents nationaux. L'objectif consiste à canaliser une fraction des transferts de fonds des migrants camerounais, évalués à 1,2 milliard de dollars (environ 652 milliards de Francs CFA) au terme de l'exercice 2024, vers les secteurs productifs industriels. En créant un modèle de mobilisation de l'épargne longue, la CDEC diversifie son modèle économique et s'impose face aux intermédiaires financiers traditionnels comme le pivot de la souveraineté financière nationale, capable d'orienter les capitaux privés vers les projets d'infrastructures lourdes de l'État.


BCN