Cameroun - États du Golfe : Le déficit commercial en baisse
Les relations commerciales entre le Cameroun et le bloc constitué de l'Iran et des États arabes du Golfe (les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite) affichent une mutation notable. Selon le récent rapport de l’Institut national de la statistique (INS), le solde négatif des échanges avec cette zone a connu une réduction significative au cours de l'exercice 2024. Bien que ce repli du déficit soit encourageant, il ne saurait occulter une vulnérabilité persistante liée aux importations d'intrants critiques.
La structure des achats camerounais dans la région demeure fortement concentrée sur les ressources fossiles. En 2024, les importations ont atteint 182,7 milliards de FCFA, dont plus de la moitié est exclusivement constituée d'huiles brutes de pétrole et de minéraux bitumineux. Cette dépendance énergétique, complétée par l'achat de ciment hydraulique et de produits halieutiques congelés, expose l'économie nationale aux fluctuations des cours mondiaux et aux instabilités géopolitiques du Proche-Orient. Les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite s'imposent ici comme les partenaires hégémoniques, fournissant à eux seuls 88 % des marchandises provenant de cette zone.
Du côté des ventes, le Cameroun enregistre un rebond spectaculaire. Les exportations vers ce groupement d'États ont bondi de 5,4 milliards en 2023 à 26 milliards de FCFA en 2024. Cette percée repose essentiellement sur le gaz de pétrole liquéfié (GPL), qui génère désormais près des trois quarts des revenus tirés de ces échanges. Si le bois scié conserve une présence historique, son poids relatif s'effondre face à l'émergence des produits gaziers. Cette recomposition du panier d'exportation témoigne d'une volonté de valoriser les ressources extractives locales sur des marchés à forte demande.
Représentant moins de 4 % du total des importations nationales, les flux avec l'Iran et le Golfe occupent une place modeste mais déterminante pour la stabilité industrielle du pays. La concentration géographique des débouchés, avec les Émirats arabes unis en tête de file, souligne la nécessité pour Yaoundé de multiplier ses ancrages diplomatiques et économiques. Pour le Cameroun, l'enjeu des prochaines années réside dans sa capacité à réduire son exposition aux produits raffinés importés tout en consolidant ses nouvelles parts de marché dans le segment du gaz naturel.
Ndjomo Carlos
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