Cacao : Le prix du kilogramme atteint le sommet de 2 600 FCFA en fin de campagne
Le prix du kilogramme de cacao atteint 2 600 FCFA, consolidant le redressement amorcé deux mois plus tôt, mais reste en deçà des performances historiques.
Ecouter l'article
Cliquez pour generer la version audio
La tendance haussière consolide le redressement amorcé deux mois plus tôt. Pour le secteur agricole national, le franchissement de la barre des 2 000 Francs CFA survenu le 22 juin marque un virage net par rapport à la léthargie du premier semestre de la campagne d'exportation 2025-2026, lancée le 7 août 2025 à Mbankomo.
La remontée actuelle des cours locaux reste toutefois en deçà des performances historiques enregistrées lors des campagnes antérieures. Les planteurs avaient bénéficié de rémunérations exceptionnelles culminant à 5 400 Francs CFA le kilogramme au cours de la saison 2024-2025, et frôlant 6 000 Francs CFA pendant l'exercice 2023-2024. Les prévisions gouvernementales initiales, qui tablaient sur une fourchette oscillant entre 3 200 et 5 400 Francs CFA pour l'année en cours, ont été démenties par la conjoncture internationale. Au niveau macroéconomique, les valeurs de référence à l'exportation se situent à 3 278 Francs CFA pour le prix FOB (franco à bord) et à 3 358 Francs CFA pour la valeur CAF (coût, assurance et fret), reflétant un réajustement des marges des exportateurs face au comportement des bourses mondiales.
Le décalage entre les projections des autorités et la réalité des transactions découle du retournement du marché mondial des matières premières. L'effondrement des prix par rapport aux cycles précédents s'explique par la résorber des déficits de production globaux et le retour à un excédent de l'offre mondiale de fèves. Le ralentissement simultané du broyage industriel dans les principaux pays occidentaux et asiatiques consommateurs réduit la pression sur les stocks disponibles. Le Cameroun, malgré une amélioration qualitative de ses fèves, subit ainsi les effets d'une détente globale de l'offre qui redéfinit les équilibres financiers entre les multinationales du chocolat et les associations de producteurs locaux.
Ndjomo Carlos
Commentaires