Une telle revalorisation, bien que favorable pour les ultimes transactions de la saison, reste dérisoire face aux attentes initiales des planteurs et brise l'élan des deux années précédentes, marquées par des rémunérations record.

La satisfaction des producteurs reste mesurée en raison de la comparaison avec les gains des saisons antérieures. Le secteur se souvient de la période 2024-2025, caractérisée par un sommet à 5 400 FCFA le kilo, et de la campagne 2023-2024 où les cours avaient culminé à 6 000 FCFA dans plusieurs bassins de production. Une telle opulence avait incité le gouvernement à pronostiquer des tarifs oscillant entre 3 200 et 5 400 FCFA pour la récolte actuelle. La réalité affiche un manque à gagner sévère : les prix actuels subissent un recul de 62 % par rapport au pic de l'année dernière et d'environ deux tiers vis-à-vis du record historique de 2024.

Le décrochage met en lumière la forte dépendance des expéditions locales face aux mécanismes des bourses internationales. Les tensions sur l'offre mondiale qui soutenaient la flambée des prix s'estompent au profit d'un retour aux excédents de production à l'échelle globale.  L'essoufflement de la demande industrielle auprès des grands broyeurs mondiaux et la reconstitution des stocks de fèves expliquent le fléchissement des cours. Le marché international connaît une phase de détente qui prive les pays producteurs des leviers de négociation habituels.

Même si la qualité reconnue du cacao camerounais et la rivalité entre les exportateurs locaux permettent de préserver un plancher d'achat supérieur à 2 000 FCFA, la capacité de résistance des acheteurs nationaux reste limitée face aux arbitrages des places financières extérieures. La remontée tardive des tarifs va accompagner les derniers flux de vente dans les villages, mais s'avère insuffisante pour redresser le bilan comptable d'une année agricole globalement décevante pour les budgets familiaux des zones rurales.


Asaba